Et prends la mienne, mais oui, mais oui, l’école est finie.

Oh pardon… le lycée, le lycée est fini. Ado, a terminé son année scolaire mercredi. Moins brillamment qu’il ne l’a commencé, mais là, est un autre débat qui fâche.

L’an prochain, les choses sérieuses re-commencent : c’est la classe de première avec en fin d’année, le tu sais quoi dont on-doit-pas-prononcer le nom pour ne pas stresser à l’avance ce bel enfant.

Et tu me diras, p’tit Scarabée, que fait un Ado en vacances ? eh ben, je te dirais qu’il fait des fiches afin de s’assurer une réussite totale, entière, complète et éblouissante au truc qui l’attend dans les 2 prochaines années et dont je ne-peux-pas-prononcer-le-nom.

Eh ben pas du tout en fait ! Ca c’est seulement si tu vis dans le monde des Bisounours. Dans la vie, la vraie, en tout cas, dans la mienne, ce n’est complètement pas comme ça que ça se passe.

Non, mon Ado, lui, il préfère entrainer ses pouces. Oui, grace à une merveilleuse invention, qu’on appelle manette de jeux pour console vidéo (oui, je cause riche), mon Ado aura les pouces les plus musclés de la planète. Et si tu réfléchis bien mon p'tit Scarabée, avoir des pouces agiles et musclés c’est hyper important pour des tas de choses… comme, bah, attends, je réfléchis… ah ben comme pour zapper… allumer un briquet… faire du stop… ou enfoncer les yeux d’un chieur dans leurs orbites.

Mais bon, faut pas croire que mon Ado est coupé de la réalité, qu’il en oublie de vivre. Non. Bien qu’il entraine ses pouces de nombreuses heures par jour, il n’en oublie pas les moments essentiels et importants. Quand tu le vois apparaitre, tel le fils prodige, tu peux être sûr qu’il est l’heure de manger. Oui, mon Ado a une horloge dans le ventre. Comme le nourrisson qui pleure toutes les 3 heures avec la régularité d’un métronome, mon Ado lui, il débarque frais comme un gardon à heure fixe le midi, le gouter et le soir. Non, il déjeune pas, pour ça, il faudrait qu’il se lève avant 10h30 !

Oui, la vie d’un Ado n’est pas facile. Ce sont des heures d’abrutissement d’entrainement et quelques repas gargantuesques frugaux.

Parfois, je dis bien parfois, c’est avec peine qu’il délaisse son entraiment pour enfin aller prendre du bon temps et s’amuser avec son copain. Ils font alors quelques tours de vélo dans le village, un p’tit coup de pédale ici, un p’tit coup de pédale par là. Mais consciencieux et soucieux du bon vieillissement de sa peau, il ne reste jamais trop longtemps dehors. La faute à un trou dans la couche d’Ozone parait-il. Mon Ado ne s’expose donc jamais de trop à l’air libre, on ne sait jamais.

Il retourne donc, consciencieusement entrainer ses pouces de compet’ ! Et puis, avec internet, il a des amis partout all over the world, ils s’entrainent à plusieurs. Parce que ils sont toute une communauté, comme lui, à avoir des pouces de tueurs. Même que en causant avec les autres adeptes il perfectionne vachement bien son anglais de vache Espagnole.

Trop trop fort mon Ado.

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