Comme tu le sais mon P'tit Scarabée, parce que mon blog est tout en haut, à la première place de tes favoris et parce que tu lis mes écrits avec la même avidité qu'un petit veau tête le lait de sa mère, je suis une Lyonnaise pure souche. Du moins par mon père, qui est lui aussi né à Lyon.

Comme tu le sais aussi, j'ai migré vers d'autres cieux par Amour. Notamment dans des coins que j'apelle les "trous du c.. du monde". Et ce coin-ci c'est la campagne. Si le cadre est idyllique la vie shoppeuse et mondaine l'est pas du tout. Mais passons... là, n'est pas le débat du jour. 

Si tu as grandi en ville, la vraie ville je veux dire, hein, mon P'tit Scarabée, tu connais les "bouchons". Non pas ceux qui sont Lyonnais et où tu te fais exploser la panse dans la joie, mais ceux qui sont routiers où tu fais exploser ta tension artérielle. Tu connais aussi le temps qu'il faut pour te rendre d'un bout à l'autre de la ville, c'est à dire 1h voire 2h dans les jours fastes et dubitatifs je te vois me dire "et alors ? c'est rien ça !" !

Eh ben si. Attends, j'y arrive à la raison de mon article du jour. Je te prends des chemins de traverses par super cohérents pour faire durer le plaisir de ta lecture. 

Bref, si à Lyon, le temps passé sur la route, dans le métro ou le bus me paraissait "normal", court, simple et rapide. Ici, ce temps est divisé par 10. 

Je m'explique. Notre "ville" étant assez petite, on est d'un point A à un point B, en 10mn. Allez, 20mn, si je fais d'une extrémité à l'autre, un soir de pointe. 

Ce matin, devant la glace qui orne mon lavabo des années 50, dans la salle de bains, je me lamentais au sujet des poils qui poussent sur ma tête et qui me font office de cheveux. Je me disais qu'il serait temps que j'aille chez le coiffeur me faire débroussailler tout ça. Rendez-vous que je repousse de semaine en semaine, de mois en mois parce que bon, ma coiffeuse n'est pas dans la même "ville" que moi et qu'il me faut faire 20mn de route. 

Et là, je me suis dit que 20mn de route, c'était quoi, quand on habitait en ville ? Juste le temps qu'il fallait pour se rendre à l'arrêt de bus (oui, bon, le sport ça fait du bien, alors, tu t'arrêtes pas au premier arrêt de bus, ni au deuxième, tu marches jusqu'au troisième).

A Lyon, les 20mn de route, je les avais pour aller de chez moi à mon école. Les jours de cohue, ça pouvait prendre jusqu'à 30mn. Et je trouvais cela "normal".

Quant ma mère me dit maintenant :"oh puis tu sais, c'est pas loin, me faut 40mn pour y aller". Moi je trouve ça énorme. Alors que pour elle, c'est normal, c'est un temps correct pour se déplacer en ville. 

Ici, je mets 7mn pour aller chez le pédiatre, 8mn pour les emmener au collège, 5mn pour aller faire mes courses chez Edouard ! 

Ce n'est pas la conduite qui me gêne, j'aime bien ça au contraire, je suis à l'aise au volant, même sur la neige. C'est le temps que j'estime "perdu" qui me gonfle.

J'ai donc appris, au cours de mes périgrinations, qu'il y a deux choses auxquelles on s'habitue très très vite : le soleil et le gain de temps. 

J'ai perdu le soleil. Que je n'avais pas sur Lyon, mais bien plus qu'ici, mais que j'ai acquis en vivant dans le sud. Pas de bol, le Nord semblait plaire bien mieux à mon Chéri, donc nous sommes partis loin du soleil. En contrepartie j'ai gagné le gain de temps. 

Oui, mais maintenant, à cause de cette habitude au gain de temps, je me retrouve avec une tête d'épouvantail car je trouve que le trajet jusqu'au salon de coiffure est trop long. Et non, je ne changerai pas de coiffeuse. J'ai enfin fini par en trouver une qui n'est ni trop barvarde, ni trop muette, qui est sympa, qui coiffe bien, qui fait ce que je veux et même qu'on a fini par se tutoyer !  Alors, tant pis, me faut prendre le volant à 2 mains façon 10h10 (les cours de conduite refont surface parfois) et faire comme si j'étais encore dans mon Lyon chéri !